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Mataiva

Mardi 27 février 2007
Et voilà, nous revenons de Mataiva, quatre jours hors du temps, au bout du monde. Mataiva, c'est un atoll de l'archipel des Tuamotus, la petite chose là, tout à gauche de la carte :


C'est un atoll de 10km de long sur 5 de large, dont le lagon est constitué de 70 bassins d'environ 8m de fond, formés par des soulèvements tectoniques, ce qui lui donne une allure très particulière. Voici une photo piquée sur le net :


Cette île abrite environ 200 habitants. Il y a deux minuscules magasins qui fournissent les habitants en tout ce qui est nécessaire, des cocotiers partout, et des parcs à poissons sur tout le lagon. Les habitants vivent donc du coprah (noix de coco séchée) et de la pêche.

Notre pension c'était la Pension ARIIHEE VAI, une pension récente, qui n'est pas encore dans les guides, mais un petit bijoux de pension, tenue par Alphonsine et François, des Polynésiens fous ! Je dis fous, car c'est hallucinant tout ce que ces gens font et savent faire ! François est la police municipale de Mataiva. Il est aussi pêcheur : il fait le tour de ses parcs à poissons le mercredi pour les envoyer par avion le jeudi sur Tahiti où ils sont vendus ; il va pêcher les langoustes la nuit sur la barrière de corail. Il est chef : il fait tous les repas pour les clients de la pension, et croyez-moi, on se régale comme nulle-part ailleurs ! Il construit également des bungalows pour agrandir sa pension. Il n'arrête jamais.

Alphonsine fait tourner la pension, accompagne les clients dans les activités, et accessoirement elle est la responsable médicale de l'île. Sans aucune formation médicale autre qu'un stage d'un mois, elle accueille les malades de l'île, écoute leurs problèmes, téléphone aux médecins sur Rangiroa ou Tahiti, fourni les médicaments, sur prescription téléphonique, et déclenche les évacuations sanitaires sur Tahiti lorsque c'est nécessaire. Sacré responsabilité...

Ils sont tous les deux aidés par les membres de la famille, et d'autres habitants de Mataiva, et notamment Mama Coco, Papa Jean, Priscilla et les autres... Et avec tout ça, gentillesse et générosité humaine. La Polynésie dans ce qu'elle a de plus incroyable et de plus beau !

mataiva ça commence
Moultes photos, couleurs magnifiques, expérience tellement enrichissante... plein d'articles à venir sur cette si jolie île de Mataiva... Je suis contente de revenir pour vous faire partager !
Par Dorothée
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Mercredi 28 février 2007
Nous étions, je le rappelle, à la Pension Ariihee Vai, un endroit qui se trouve être un régal pour les yeux à lui tout seul. Côté "île", un jardin vert et fleuri, des plants de tiare qui servirons aux colliers et couronnes de fleurs, une terrasse agréable et des petits bungalows. Côté bungalows, pas de charme particulier, mais tout le confort, y compris la clim (ouais, ben parfois la clim c'est trop bien !)

jardin de la pension
Côté lagon, la pension se trouve au bord d'une avancée de mer, un bout de lagon qui s'aventure dans les terres, et dont les couleurs changent en fonction du temps. Cette couleur un peu laiteuse est sans doute due au gisement de phosphate qui se trouve dans le sous-sol de l'île, et qui reste inexploité par souci de préservation de l'environnement (au soulagement des habitants d'ailleurs).

bout de lagon
Et si on va faire un tour au bout du jardin, on a vue sur l'autre côté de l'atoll, sur le lagon et ses étranges zébrures, et sur le beau parc à poissons de François !

vue sur le lagon
Par Dorothée
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Jeudi 1 mars 2007
Le premier jour, nous voici partis, assis à l'arrière d'un petit camion : après une demi-heure à rouler sur une route qui traverse une brousse de cocotiers quasi-infinie, nous arrivons à un bout de l'île. Magnifique plage, cocotiers, mer bleue transparente.

bout de l'île
Sous la supervision de Mama Coco, nous préparons nos assiettes pour le repas, en tressant des feuilles de cocotiers.

tressage des assiettes
Pendant ce temps,  Papa Jean allume le feu avec des noix de coco et fait cuire le uru dedans. Le uru, c'est le fruit de l'arbre à pain. On le met directement dans le feu, et il est cuit lorsque sa peau est carbonisée, puis on l'épluche, et c'est prêt à manger. Ensuite, Papa Jean met une plaque de tôle sur le feu, un morceau de grillage, et le poisson pêché le matin même est mis à griller.

Le résultat, délicieux poissons frais grillés, uru tout chaud, le tout à manger directement avec les doigts dans des assiettes végétales... Lorsqu'on a finit on fait brûler assiettes et restes... pas de déchets, pas de vaisselle, 100% naturel ! Juste préciser que c'était le meilleur poisson que j'ai jamais mangé, et que le uru, même si j'en avais déjà mangé, j'adore toujours autant : ça a un petit goût de chateigne, miam !

miam !
Par Dorothée
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Samedi 3 mars 2007
Après ce délicieux déjeuner, Rafi et Papa Jean partent à la pêche, en plein cagnard (ce qui explique le tee-shirt sur la tête). Papa Jean pêche à main nue, avec juste un fil de pêche, un hameçon, et des bernards l'hermite comme appâts. Et mine de rien, il vous sort des balistes de deux kilos pièce avec son fil de pêche le Papa Jean ! (et il pousse des cris de joie comme un gamin à chaque poisson pêché, du bonheur polynésien à croquer ce Papa Jean !)

les poissons de papa jean
Merci pour tous vos commentaires sur l'article précédent, je ne pensais pas en avoir autant, chacun m'a énormément touchée...
Par Dorothée
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Lundi 5 mars 2007
Après la pêche, nous voici repartis en bateau sur un miniscule îlot au milieu du lagon, appelé l'île aux oiseaux. Plusieurs sortes d'oiseaux de mer y trouvent refuge pour faire leurs petits, notamment des fous de bassan, des sternes huppées, des frégates etc...  Encore un joli moment à regarder les frégates voler au dessus de nos têtes et ces pitites boules de poils blanches !

l'île aux oiseaux
Par Dorothée
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Mardi 6 mars 2007
En revenant de l'île aux oiseaux, nous nous arrêtons à l'un des parcs à poissons de François. Ces parcs sont disséminés sur tout le lagon, et ils permettent aux habitants de l'île d'attraper facilement du poisson. Les poissons sont piégés dans le parc, et il n'y a plus qu'à plonger pour les récupérer. Bien sur, dans ces cas-là, les oiseaux ne sont jamais très loin...

le parc à poissons
Par Dorothée
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Mercredi 7 mars 2007
Sur l'atoll bien sur il n'y a qu'une seule route, qui fait quasiment le tour de l'atoll. Chaque ballade nous amenait à faire un bout de voiture sur cette route, laquelle traverse des forêts de cocotiers, pandanus etc. Je voulais quand même vous montrer quelques images de cette forêt et de ces cocotiers qui sont parfois impressionnants. Sans oublier bien sur notre moyen de transport, le truck !
végétation sur l'atoll
Par Dorothée
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Jeudi 8 mars 2007
Cette route à travers les cocotiers, c'était pour aller au bord d'un hoa, vous savez, un bras de mer qui traverse l'atoll. L'eau y est vert émeraude, il n'y a bien sur personne à part nous, le bruit des vagues sur le récif, encore un endroit magique et préservé. Aujourd'hui je vous abreuve de nos panoramiques de cet endroit, buvez, absorbez, imprégnez-vous de ce vert, demain je vous montrerai nos activités... (clic-clic pour voir plus grand, comme d'habitude)

vert vert vert
Par Dorothée
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Vendredi 9 mars 2007
Au milieu de tout ce vert, activités habituelles : Papa Jean et Mama Coco vident les poissons pêchés le matin même, Rafi s'essaie à la pêche, les oiseaux vivent leur vie, et Luna et moi on trempe...

pêche, baignade, oiseaux
Enfin l'activité principale, n'en déplaise aux détracteurs, c'est quand même la bouffe.

- Etape n°1 : allumer le feu de coco
- Etape n°2 : on met les poissons à griller
- Etape n°3 : on prépare le pain coco. Mama Coco a amené la pâte (eau, farine, coco), qu'elle met en boule entre deux feuilles, et hop sur le feu ! Au fur et à mesure de la cuisson, on retourne, et puis on enlève les feuilles pour finir la cuisson.
- Etape n°4 : on mange, dans les feuilles et avec les doigts, les délicieux poissons du lagon grillés, le pain coco qui, étant à peine sucré, se marrie délicieusement avec le poisson (et la ptite sauce barbecue que Mama Coco a toujours dans sa glacière !).

la bouffe, les poissons, le pain coco
Ces repas sont à ce jour les meilleurs repas que j'ai fais en Polynésie, et ces poissons les meilleurs que j'ai mangés de ma vie ! (Je ne parle jamais de dessert, mais les fruits frais sont de rigueur : banane, ananas, pastèque, papayes, mangues).
Par Dorothée
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Samedi 10 mars 2007
Comme d'habitude, la visite d'une île passe par une ballade sur son récif. Ici, on nous emmène au rocher de la Tortue. Le rocher de la Tortue est à l'origine d'une légende : si un nuage de forme identique au rocher passe au dessus de la passe, c'est que le temps va changer, et les tortues remonter à la surface. Il sera alors temps de les chasser.

En attendant ce fameux nuage, sur le récif on peut ramasser des coquillages, des crabes, et tout simplement apprécier le paysage...

le rocher de la tortue
Autre curiosité locale, l'épave dans les cocotiers : ce navire (il ne s'agit là que d'un morceau de la proue) a été jeté sur le récif par un cyclone en 1906. Les habitants y ont même trouvé un piano, à l'époque. Puis un autre cyclone en 1983 a jeté ce bout de bateau dans les cocotiers, où il est encore aujourd'hui. Rien vraiment à voir, mais l'anecdote est amusante.

l'épave dans les cocotiers
Par Dorothée
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